Nous traitons chaque point séparément.
Famille libre :(i) Opérations du pivot de Gauss. Les opérations du pivot de Gauss (permutation, multiplication par scalaire non nul, ajout d'une combinaison linéaire) n'affectent pas l'enveloppe linéaire par la Proposition 1.1. Or la liberté d'une famille dans son enveloppe linéaire est conservée par ces opérations : si
(ui) est libre et qu'on effectue l'opération (ii), supposons
∑λivi=0 où
vj=μuj (
μ=0) et
vi=ui pour
i=j. Alors
μλjuj+∑i=jλiui=0. Par liberté de
(ui), tous les coefficients sont nuls, donc
λi=0 pour tout
i. Les cas (i) et (iii) se traitent de même.
(ii) Suppression d'un vecteur. Soit
(ui)i∈I libre et
(ui)i∈J avec
J⊂I une sous-famille. Si
∑i∈Jλiui=0, en posant
λi=0 pour
i∈I∖J, on obtient
∑i∈Iλiui=0. Par liberté de
(ui)i∈I, tous les
λi sont nuls.
(iii) Ajout d'un vecteur w n'étant pas combinaison linéaire des ui. Soit
(vi)=(ui)∪{w}. Supposons
μw+∑i∈Iλiui=0. Si
μ=0, on aurait
w=−μ−1∑i∈Iλiui∈vect(ui), contrairement à l'hypothèse. Donc
μ=0, puis
∑i∈Iλiui=0, et par liberté de
(ui), tous les
λi sont nuls.
Famille liée :(i) Les opérations du pivot de Gauss préservent aussi les familles liées : si
(ui) est liée, un
uj est combinaison linéaire des autres. Après une opération du pivot, l'enveloppe linéaire est inchangée (Proposition 1.1), donc la nouvelle famille ne peut pas être libre (sinon l'ancienne le serait aussi, par le point (i) ci-dessus).
(ii) Ajout d'un vecteur. Si
(ui) est liée, il existe
j et des scalaires
αi tels que
uj=∑i=jαiui. Cette relation de dépendance linéaire persiste dans la sur-famille étendue.
(iii) Suppression d'un uj n'étant pas combinaison linéaire des autres. Si
(ui)i∈I est liée, il existe
k=j tel que
uk est combinaison linéaire des autres vecteurs de la famille. Après suppression de
uj (qui n'est pas
uk puisque
uj n'est pas combinaison linéaire des autres),
uk reste combinaison linéaire des vecteurs restants, donc la famille
(ui)i∈I∖{j} est encore liée.