Soit f:R→R une fonction. On appelle ensemble de définition de f l'ensemble des x∈R pour lesquels f(x) est défini.
Exemple
L'ensemble de définition de x↦x est R+.
Application
Déterminer le domaine de définition de x↦x−3x+1.
Correction bientôt disponible
1.2. Représentation graphique
Encadré—Représentation graphique
La représentation graphique d'une courbe dans un repère orthonormé est l'ensemble des points de coordonnées (x,f(x)) où x décrit l'ensemble de définition.
Encadré—Représentation graphique d'une bijection réciproque
Soit f une fonction bijective. Les représentations graphiques de f et f−1 sont symétriques par rapport à la première bissectrice.
En effet, si on pose y=f(x), les points de coordonnées (x,f(x)) et (y,f−1(y)) sont symétriques par rapport à la première bissectrice.
1.3. Parité et périodicité
Définition—Parité
Soit f une fonction.
On dit que f est paire si
le domaine de définition Df de f est symétrique par rapport à 0 : ∀x∈Df,−x∈Df ;
∀x∈Df,f(−x)=f(x).
On dit que f est impaire si
le domaine de définition Df de f est symétrique par rapport à 0 : ∀x∈Df,−x∈Df ;
∀x∈Df,f(−x)=−f(x).
Remarque
Si f est une fonction impaire définie en 0, alors f(0)=0.
Attention
Une fonction peut n'être ni paire ni impaire !
Remarque
Il n'y a évidemment pas besoin de vérifier la condition sur le domaine de définition s'il est égal à R.
Exemple
La fonction cos est paire. Les fonctions sin et tan sont impaires.
Pour n∈Z, la fonction x↦xn a la parité de n.
Encadré—Interprétation graphique
La représentation graphique d'une fonction paire est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées.
La représentation graphique d'une fonction impaire est symétrique par rapport à l'origine.
Définition—Périodicité
Soit f une fonction et T un réel strictement positif. On dit que f est T-périodique si
le domaine de définition Df de f est «T-périodique» : ∀x∈Df,x+T∈Df ;
∀x∈Df,f(x+T)=f(x).
Remarque
Il n'y a évidemment pas besoin de vérifier la condition sur le domaine de définition s'il est égal à R.
Remarque
Si f est T-périodique, f(x+nT)=f(x) pour tout n∈Z.
Par conséquent, f est également nT-périodique pour tout n∈N∗.
Exemple
Les fonctions cos et sin sont 2π-périodiques. La fonction tan est π-périodique.
Encadré—Interprétation graphique
La représentation d'une fonction T-périodique dans une repère (O,,) est invariante par translation de vecteur T.
Remarque
On a également invariance par translation de vecteur nT pour tout n∈Z.
1.4. Opérations sur les fonctions
Définition—Somme et produit
Soient f et g deux fonctions. On définit alors f+g:x↦f(x)+g(x) et fg:x↦f(x)g(x).
Encadré—Composée
On appelle composée des fonctions f et g la fonction g∘f:x↦g(f(x)).
Exemple
La fonction x↦ln(1+x2+1) est la composée de la fonction x↦x2+1 suivie de la fonction x↦x puis de la fonction x↦ln(1+x).
1.5. Monotonie
Définition—Monotonie
Soit f une fonction définie sur un intervalle I.
On dit que f est croissante sur I si ∀(x,y)∈I2,x≤y⟹f(x)≤f(y)
On dit que f est décroissante sur I si ∀(x,y)∈I2,x≤y⟹f(x)≥f(y)
On dit que f est strictement croissante sur I si ∀(x,y)∈I2,x<y⟹f(x)<f(y)
On dit que f est strictement décroissante sur I si ∀(x,y)∈I2,x<y⟹f(x)>f(y)
On dit que f est monotone sur I si elle y est croissante ou décroissante.
On dit que f est strictement monotone sur I si elle y est strictement croissante ou décroissante.
Attention
Une fonction peut n'être ni croissante ni décroissante !
Remarque
Du point de vue du vocabulaire, on dit que «f est monotone sur un intervalle I».
On ne dira JAMAIS «f(x) est monotone pour tout x∈I». Cela signifierait qu'un réel est monotone.
Remarque
Une fonction constante est croissante et décroissante au sens large. La réciproque est d'ailleurs vraie : si une fonction est croissante et décroissante, alors elle est constante.
Proposition—Stricte monotonie et injectivité
Une fonction strictement monotone est injective.
Démonstration bientôt disponible
Remarque
La réciproque est vraie à condition de considérer une fonction continue sur un intervalle.
Proposition—Somme de fonctions monotones
La somme de deux fonctions croissantes est croissante.
La somme de deux fonctions décroissantes est décroissante.
La somme de d'une fonction croissante et d'une fonction strictement croissante est strictement croissante.
La somme de d'une fonction décroissante et d'une fonction strictement décroissante est strictement décroissante.
Démonstration bientôt disponible
Remarque
A fortiori, la somme de deux fonctions strictement croissantes (resp. strictement décroissantes) est strictement croissante (resp. strictement décroissante).
Exemple
La fonction x↦x+x3+x5 est strictement croissante sur R.
Proposition—Composition de fonctions monotones
La composée de deux fonctions monotones de même sens de variation est croissante.
La composée de deux fonctions monotones de sens de variation opposés est décroissante.
La composée de deux fonctions strictement monotones de même sens de variation est strictement croissante.
La composée de deux fonctions strictement monotones de sens de variation opposés est strictement décroissante.
Démonstration bientôt disponible
Exemple
La fonction x↦ln(1+1+x2) est strictement croissante sur R+ et strictement décroissante sur R−.
Attention
Un produit de fonctions monotones n'est pas forcément monotone. Par exemple, x↦x et x↦x3 sont croissantes sur R mais leur produit x↦x4 n'est ni croissant ni décroissant sur R.
Néanmoins, si f et g sont des fonctions croissantes (resp. décroissantes) et positives, alors leur produit est croissant (resp. décroissant).
De même, si f et g sont des fonctions strictement croissantes (resp. strictement décroissantes) et strictement positives, alors leur produit est strictement croissant (resp. strictement décroissant).
1.6. Fonctions majorées, minorées, bornées
Définition
Soit f une fonction définie sur une partie A de R.
On dit que f est majorée sur A si f(A) est majoré i.e. si ∃M∈R,∀x∈A,f(x)≤M
On dit que f est minorée sur A si f(A) est minoré i.e. si ∃m∈R,∀x∈A,f(x)≥m
On dit que f est bornée sur A si f est majorée et minorée sur A ou encore si f(A) est bornée i.e. ∃(m,M)∈R2,∀x∈A,m≤f(x)≤M
Remarque
On dit alors que M est un majorant de f sur A et que m est un minorant de f sur A.
Remarque
Si on ne précise pas la partie A sur laquelle la fonction est majorée/minorée/bornée, c'est que l'on fait implicitement référence à tout l'ensemble de définition.
Exemple
La fonction x↦x2 est minorée sur R mais elle n'y est pas majorée.
Les fonctions sin et cos sont bornées sur R.
Encadré—Interprétation graphique
Une fonction est majorée si sa représentation graphique est située au-dessous d'une droite horizontale.
Une fonction est minorée si sa représentation graphique est située au-dessus d'une droite horizontale.
Une fonction est bornée si sa représentation graphique est située entre deux droites horizontales.
Proposition
Soit f une fonction définie sur une partie A de R.
Alors f est bornée sur A si et seulement si ∣f∣ est majorée sur A.
Démonstration bientôt disponible
Exemple
Soit f:x↦2−cosxsinx. On souhaite monter que f est bornée sur R. Pour tout x∈R, ∣f(x)∣=2−cosx∣sinx∣ car 2−cosx>0.
Or pour tout x∈R, ∣sinx∣≤1 et 2−cosx≥1. Par conséquent, pour tout x∈R, ∣f(x)∣≤1 et f est donc bornée sur R.
Proposition
Une somme de fonctions majorées est majorée.
Une somme de fonctions minorées est minorée.
Une somme et un produit de fonctions bornées sont bornés.
Démonstration bientôt disponible
Définition—Maximum, minimum
Soit f une fonction définie sur A.
On dit que f admet un maximum sur A s'il existe a∈A tel que f(x)≤f(a) pour tout x∈A. Le réel M=f(a) est alors appelé le maximum de f sur A et on note M=maxAf. On a en fait M=maxf(A).
On dit que f admet un minimum sur A s'il existe b∈A tel que f(x)≥f(b) pour tout x∈A. Le réel m=f(b) est alors appelé le minimum de f sur A et on note m=minAf. On a en fait m=minf(A).
Remarque
Un maximum ou un minimum est nécessairement une valeur atteinte par la fonction.
Remarque
Une fonction admettant un maximum (resp. un minimum) est nécessairement majorée (resp. minorée).
Exemple
La fonction sin admet un minimum et un maximum sur R valant respectivement −1 et 1 car sin(−2π)=−1 et sin(2π)=1 et car pour tout x∈R, −1≤sinx≤1.
Exemple
La fonction exponentielle n'admet clairement pas de maximum car elle n'est pas majorée. Elle n'admet pas non plus de minimum. Soit en effet b∈R. Alors pour tout x<b, ex<eb donc l'exponentielle ne peut admettre de minimum en b.
Ceci étant vrai quelque soit b∈R, l'exponentielle n'admet pas de minimum.
Attention
Une fonction majorée (resp. minorée) n'admet pas forcément de maximum (resp. de minimum) comme le montre l'exemple de la fonction exponentielle.
2Continuité3Dérivation4Étude de fonctions5Fonctions à valeurs complexes
Fonctions à paramètres
Étude de familles de fonctions fa(x) dépendant d'un paramètre a, nécessitant une discussion selon les valeurs du paramètre pour les variations, extrema, etc.
Étude de fonction auxiliaire
Exercices lies— 3
1Exercice 1
Pour chaque réel a, on considère la fonction fa définie sur l'ensemble des nombres réels R par fa(x)=ex−a−2x+ea. 1. Montrer que pour tout réel a, la fonction fa possède un minimum. 2. Existe-t-il une valeur de a pour laquelle ce minimum est le plus petit possible?
2Exercice 2
Les buts du problème sont l'étude de la fonction f suivante : f:]0,+∞[→R, x↦exln(e2x−1). puis la recherche de primitives de cette fonction.
Première partie : Étude de fonctions auxiliaires 1. On définit la fonction g par : g:]1,+∞[→R, x↦2x−(x−1)ln(x−1). (a) Déterminer la limite de g(x) lorsque x tend vers 1. (b) Montrer que g est dérivable sur ]1,+∞[ et calculer g′(x) pour tout x∈]1,+∞[. (c) Étudier le sens de variation de g sur l'intervalle ]1,+∞[. (d) Montrer que l'équation g(x)=0 a une unique solution, notée α, dans l'intervalle [e+1,e3+1] et étudier le signe de g(x) sur chacun des intervalles ]1,α[ et ]α,+∞[. 2. On définit la fonction φ par : φ:]1,+∞[→R, x↦xln(x2−1). (a) Déterminer limx→1φ(x) et prouver que limx→+∞φ(x)=0. (b) Montrer que φ est dérivable sur ]1,+∞[ et montrer que φ′(x) est du signe de g(x2) pour tout x∈]1,+∞[. (c) Montrer que φ est croissante sur l'intervalle ]1,α[ et décroissante sur l'intervalle ]α,+∞[.
Deuxième partie : Étude de la fonction f 1. Montrer que, pour tout x∈]0,+∞[, f(x)=φ(ex). 2. En déduire : (a) la limite de f(x) lorsque x tend vers 0, (b) la limite de f(x) lorsque x tend vers +∞, (c) le sens de variation de f sur l'intervalle ]0,+∞[ et que f admet un maximum en ln(α). 3. Montrer que, pour tout x∈]0,+∞[ : f(x)≤α−12α. 4. Représenter graphiquement f.
Troisième partie : Recherche de primitives de f 1. Montrer que, pour tout x∈]0,+∞[ : f′(x)+f(x)=ex−1ex−ex+1ex. 2. Déterminer une primitive sur ]0,+∞[ de la fonction x↦ex−1ex−ex+1ex. 3. En déduire les primitives de f sur ]0,+∞[.
3Exercice 3
Soit p∈]0,1[. On note f la fonction x↦xlnpx+(1−x)ln1−p1−x. 1) a) Déterminer l'ensemble de définition D de f. b) Montrer que f est dérivable sur D et calculer f′(x) pour tout x∈D. c) Montrer que f′ est dérivable sur D, puis que pour tout x∈D : f′′(x)=x(1−x)1. d) Résoudre l'équation : f′(x)=0 d'inconnue x∈D. e) En déduire les variations de f sur D, puis montrer que f est positive ou nulle sur D. Les limites aux bornes ne sont pas demandées dans un premier temps. 2) a) Déterminer une équation de la tangente de la fonction logarithme en 1. b) Montrer, en étudiant la fonction x↦lnx−x, que pour tout x>0 : lnx≤x−1. Interprétation graphique ? c) En déduire que pour tout x>0 : lnx≤2(x−1). d) En déduire que : limx→+∞xlnx=0, puis que : limx→0xlnx=0. e) En déduire les limites de f aux bornes de son ensemble D de définition.
Cours
1Généralités
2Continuité
3Dérivation
4Étude de fonctions
5Fonctions à valeurs complexes
Méthodes2
Fonctions à paramètres
Étude de familles de fonctions fa(x) dépendant d'un paramètre a, nécessitant une discussion selon les valeurs du paramètre pour les variations, extrema, etc.